Territoires Bio Pilotes : la parole à Benoit Wascat & Dominique Quinzin (Parc Naturel de l’Avesnois)

Témoignage d’élus | Avec un objectif ambitieux de 90% de bio sur les zones de captage à horizon 2025, le Parc Naturel de l’Avesnois multiplie les initiatives en lien avec les acteurs du territoire.

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Benoit WASCAT, Président du Parc naturel régional de l’Avesnois, élu référent pour le PAT, adjoint à la ville de Fourmies et Vice-Président de la Communauté de communes Sud Avesnois. Dominique QUINZIN, co-président du COPIL bio du Parc naturel régional de l’Avesnois, et maire de Maroilles.

Quels sont vos objectifs, vos ambitions en matière de transition agricole et alimentaire sur votre territoire ?

Construire un système agro-alimentaire durable et résilient, capable de proposer une alimentation locale et durable à tous les habitants, tout en préservant le bocage.

Un Parc naturel régional se veut ambitieux en matière de développement durable, notamment en soutenant une agriculture favorable aux enjeux liés transition écologique.

En effet, bassin laitier historique et territoire de bocage, les enjeux qui sont liés à l’agriculture et en particulier à l’élevage sont nombreux. Le Parc travaille en synergie avec les acteurs présents sur le territoire afin de préserver des exploitations agricoles basées sur l’utilisation de l’herbe, et soutenir une agriculture à haute valeur ajoutée, respectueuse de l’environnement, notamment en reconnaissant les services d’intérêt général rendus par l’agriculture herbagère et bocagère, participant à la neutralité carbone.

Pour répondre à ces enjeux, le Parc s’est fixé divers objectifs dans la Charte de Parc pour le maintien de cette agriculture, en visant par exemple 30% des surfaces agricoles conduites en agriculture biologique (nous sommes aujourd’hui à 11%), ainsi que maintenir voire augmenter la surface en herbe visant 60% de la SAU en herbe.

Pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et de prévention des menaces pesant sur le système agricole et alimentaire, le Parc porte également un Projet Alimentaire Territorial (PAT) pour la Sambre-Avesnois, en lien avec l’objectif de construction d’un système agro-alimentaire durable et résilient, capable de proposer une alimentation locale et durable à tous les habitants, tout en préservant le bocage.

Comment se traduisent concrètement ces ambitions dans les documents de politiques publiques (délibérations, textes cadres, divers outils de planification) ?

Le Parc de l’Avesnois porte le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau) Sambre-Avesnois dans lequel il a été choisi depuis 2006 de développer les pratiques agricoles issues de l’agriculture biologique. En parallèle, une ORQUE (Opération de Reconquête de la Qualité de l’Eau), démarche pilote à l’époque pour le bassin Artois Picardie, était lancée, et qui s’est progressivement étendue à tout le territoire du Parc.

La charte du Parc naturel régional de l’Avesnois, qui reprend les objectifs que se fixe le territoire en termes de préservation de la biodiversité, de la qualité de l’eau, de nos paysages, de notre agriculture, a permis de valider une ambition forte et commune, de développement et de maintien de l’agriculture biologique.

En 2010, le Parc a adopté dans sa charte (2010- 2022, prolongé à 2025 par décret de 2019) des objectifs chiffrés et ambitieux de développement de l’agriculture biologique : 30% de SAU du Parc en agriculture biologique, et 90% sur les périmètres de protection des captages à l’horizon 2025. Ces objectifs ont été repris dans le SAGE de la Sambre-Avesnois. Le Parc naturel régional (PNR) de l’Avesnois a initié en 2011 un comité de pilotage rassemblant un ensemble d’acteurs (structures d’accompagnement technique, opérateurs économiques, collectivités, associations…) impliqués dans la bio sur le territoire afin de définir une stratégie territoriale. Validée en 2013, cette stratégie partagée se décline dans un programme d’actions multipartenarial annuel, bénéficiant depuis 2014 de l’appui financier de l’Agence de l’eau Artois Picardie : le Programme de développement de l’agriculture biologique en Avesnois (ou Plan bio Avesnois).

Le Parc a adopté dans sa charte des objectifs chiffrés et ambitieux : 30% de SAU du Parc en agriculture biologique, et 90% sur les périmètres de protection des captages à l’horizon 2025.

Le Parc travaille au développement des filières en circuits courts et de proximité depuis les années 1990. Valoriser les produits locaux et durables est inscrit dans la Charte du Parc 2010-2025. A partir de 2011, le Parc a mis en place un Comité de pilotage multipartenaires, pour développer des actions concertées sur le territoire. C’est pourquoi le Parc et ses 4 EPCI sont restés attentifs aux préoccupations de l’Etat et se sont lancés en 2019 dans la mise en place d’un « Projet Alimentaire Territorial pour la Sambre-Avesnois », dans lequel s’inscrivent des objectifs pour l’agriculture biologique.

Décrivez 3 actions phare/emblématiques que vous portez en faveur du développement de l'agriculture biologique sur votre territoire

Accompagnement collectif et individuel des agriculteurs

Deux types d’accompagnement sont proposés, par le Parc et ses partenaires à destination des agriculteurs (conventionnels, en conversion ou certifiés en agriculture biologique) :

  • Une animation collective : facilitation des échanges entre agriculteurs conventionnels et biologiques autour de rencontres et de visites de ferme, réunions d’information avec les opérateurs économiques, tours de plaines, formations (autonomie fourragère, assolement et rotation bio, gestion Matière Organique, prévention par l’alimentation en BL, parasitisme, médecines alternatives…) ;
  • Un accompagnement individuel : simulation ou diagnostic de conversion, étude technico-économique, suivi de la gestion technico-économique (marges brutes), calcul du coût de production et du prix de revient, diagnostic environnemental, dossiers des demandes d’aides bio, accompagnement au pâturage via la démarche Patur’Ajuste….

Dispositif d’aides financières

  • Les aides bio : chaque année, une réunion de présentation des aides bio a lieu afin de donner connaissance aux agriculteurs des aides dont ils peuvent prétendre et des enjeux auxquels elles sont liées : Eco-régime et aide via la voie de la certification bio (2023-2027), aides à la conversion bio, crédit d’impôts bio, paiement couplé PAC, MAEC, aides à l’investissement, Pass’Agri Filières…
  • Les Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) : porteur d’un PAEC (Projet Agro-Environnemental et Climatique) sur le territoire, le Parc accompagne les agriculteurs dans la contractualisation des MAEC et la mise en œuvre des plans de gestion. Dans le cadre du Plan Bocage du Parc naturel régional de l’Avesnois et du Plan bio avesnois, le Parc, Bio en Hauts de France et la Chambre d’agriculture accompagnent les agriculteurs pour ces mesures.
    Ainsi, en 2023, 65 dossiers bio ont été accompagnés dans le cadre des MAEC soit 8 167ha contractualisés sur différentes mesures.

Coordination des acteurs de l’installation-transmission-foncier en Avesnois

Le Parc de l’Avesnois travaille à la coordination entre structures de repérage et d’accompagnement (Terre de Liens NPDC, Chambre d’agriculture NPDC, Initiatives Paysannes, A Petits Pas, Bio en Hauts-de-France, SAFER…) pour échanger sur les actualités et les projets d’installation, de transmission, et de mobilisation foncière en bio dans l’Avesnois, afin de mieux accompagner ces projets, d’organiser des actions communes, d’améliorer la communication et la prise en compte des enjeux de l’installation de porteurs de projets et la transmission-reprise des fermes. Cette coordination est donc complémentaire à l’échelle locale du PAIT – Point Accueil Installation Transmission – des Hauts-de-France, porte d’entrée régionale officielle sur ces thématiques.

Qu'est-ce qui a motivé votre adhésion au réseau des Territoires Bio Pilotes ? Qu'est ce que cela vous apporte ? Quelles sont vos attentes ?

La stratégie agricole du Parc, animé techniquement et portée politiquement par sa Charte et son Président, s’inscrit dans un contexte d’enjeux nationaux et régionaux avec une dimension territoriale notamment grâce à la co-présidence du COPIL bio par un élu local (Monsieur QUINZIN) et un représentant agricole du territoire (Monsieur PRZESZLO).
Adhérer au réseau régional des Territoires Bio Pilotes permet de se retrouver entre élus ou techniciens qui soutiennent et qui croient en l’agriculture biologique.
Nous pouvons nous inspirer des retours d’expérience de chacun et construire ensemble un argumentaire commun et solide pour enrichir notre discours en faveur du développement et du maintien de l’agriculture biologique sur nos territoires.

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