Parc Naturel Régional (PNR) du Pilat

PARC NATUREL RÉGIONAL DU PILAT

Après un long processus de concertation et une enquête publique, l’adoption de la charte du Parc naturel régional (PNR) du Pilat en 2013 place la progression de l’agriculture biologique dans les orientations fortes du projet de territoire à l’horizon de 2025. Autour d’une volonté commune et d’objectifs chiffrés – 40% de SAU labellisée agriculture biologique (AB) en 2025 – les structures associatives, organisations professionnelles, collectivités s’engagent et travaillent en complémentarité.

Territoire

Parc naturel régional du Pilat. 49 communes membres concernées. 56 000 habitants.

Agence de l’eau Loire-Bretagne et Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Région Auvergne-Rhône-Alpes. Départements de la Loire (42) et du Rhône (69). 4 EPCI : Saint Etienne Métropole, Vienne Condrieu Agglomération, Communauté de Communes du Pilat Rhodanien, Communauté de Communes des Monts du Pilat.

Superficie du bassin versant : le PNR est à cheval sur deux bassins versants, le bassin versant de la Loire et celui du Rhône.

Superficie du PNR : 70 000 ha

Productions très diversifiées : élevage laitier et viande (bovin, ovin, caprin), viticulture, arboriculture pour les filières majoritaires. De nombreuses autres filières : maraîchage, élevage avicole et porcin, petits fruits, apiculture.

Surface agricole utile (SAU) du bassin versant : 24 500 ha dont 5 434 ha en SAU bio au RGA 2020 (pour 140 fermes bio), soit 20% de la SAU en bio.

Actions mises en oeuvre

En 1993, après le sommet de Rio, l’État finance une expérimentation dans 43 territoires pour mettre en œuvre le développement durable. Au PNR du Pilat, ce programme permet de rechercher des solutions pour améliorer la durabilité des fermes. L’agriculture biologique est l’une des voies évoquées dans les différents scénarios d’orientation des fermes vers le développement durable.

En 1996, la coopérative SODIAAL met en place une collecte de lait bio qui entraîne une première vague de conversion. En 2000, les débouchés se confirmant, SODIAAL augmente sa demande de lait bio et stimule une deuxième vague de conversion chez les éleveurs laitiers.

En 2012, SODIAAL confirme une nouvelle fois la croissance de ses besoins en lait bio. Le Groupement d’agriculture biologique (Association pour le Développement de l’Agriculture Biologique Rhône Loire – ARDAB) et la Chambre d’agriculture évaluent le potentiel de conversion et s’en suit une troisième vague de conversion à l’AB dans le secteur. Parallèlement à ces évolutions dans la filière laitière bovine, des conversions ont lieu en arboriculture, viticulture et dans les autres filières. En 2020, ce sont 140 exploitations agricoles du Pilat qui sont labellisées AB sur 5 434 hectares.

Accompagnement des changements de pratiques agricoles

La réalisation d’une enquête

Pour accompagner le changement de pratiques agricoles à l’échelle du Parc, une enquête a permis d’évaluer la capacité de développement de l’agriculture biologique en 2015. Réalisée en partenariat entre la Chambre d’agriculture 42, l’ARDAB et le PNR, elle a répondu à un objectif : mesurer le potentiel de conversion chez les éleveurs laitiers dans trois communes du Haut Pilat. Par des entretiens, les freins et contraintes qui restent à lever ont été identifiés, comme les atouts favorables à la conversion.

La réalisation de diagnostics globaux d’exploitation

Le PNR en partenariat avec les chambres d’agriculture 42 et 69 et l’Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural (ADDEAR42) propose et réalise des diagnostics globaux d’exploitation. Ils permettent aux agriculteurs de réfléchir à l’évolution de leur système. Basés sur la méthode DIALECTE (Solagro), ils sont enrichis d’approches économiques et sociales. Ils peuvent être suivis de diagnostics de conversion plus pointus par le GAB ou la CA lorsque l’agriculteur envisage une conversion.

Un groupement d’intérêt économique et écologique sur les sols

Un groupement d’intérêt économique et écologique (GIEE) a été créé en 2016. Il rassemble 10 exploitations agricoles. Des actions sont mises en œuvre pour améliorer les sols (semis direct ou travail simplifié, enrichissement en matière organique, couverts. Le Parc a accompagné le groupe pour constituer le dossier de demande de labellisation et pour identifier et trouver des aides financières au fonctionnement du GIEE. Le projet a permis au groupe d’acquérir du matériel adapté, mettre en place des essais et échanger des expériences.

Une association d’éleveurs valorisant les ressources herbagères spontanées

Le Parc accompagne l’association Patur’en Pilat dans l’organisation de formations et échanges d’expériences permettant de se réapproprier des savoir-faire sur l’utilisation de leurs prairies naturelles et parcours. Accompagnés de SCOPELA, les éleveurs mobilisent différents leviers sur les fermes s’appuyant sur la méthode Patur’ajuste : caractérisation des végétations, évolution des allotements, apprentissage du troupeau, report sur pied, pâturage hivernal, parasitisme à la pâture…

En complément, des aménagements sont réalisés sur les parcelles pour conforter les parcs pâturés : clôtures, points d’eau, contention, accès par le biais d’un Plan pastoral Territorial.

Un accompagnement à la plantation et l’entretien du bocage

Depuis 10 ans, des plantations de haies ou arbres sont réalisés afin d’atténuer la sensibilité des fermes au vent, créer de l’ombre pour les troupeau, réduire l’érosion des sols, favoriser les auxiliaires de cultures en récréant notamment des corridors écologiques.

En 2022, le Parc du Pilat devient OCG (Organisation Collective de Gestion) en particulier afin d’accompagner techniquement les agriculteurs dans leur gestion des haies existantes qui peut être certifiée par le Label Haie. Un travail d’acquisition de matériels d’entretien et de valorisation du bois qui en est issu est en cours (litière animale, chauffage).

Un programme de recherche « Territoire 0 phyto »

Le Pilat est un des 10 territoire d’étude pour le programme de recherche Be Creative coordonné par l’INRAE et l’ISARA jusqu’en 2026. L’objectif est de co-concevoir des territoires sans pesticides avec les acteurs. Deux stages de 6 mois ont permis de réaliser un diagnostic socio-technique sur les filière viticulture et arboriculture du Pilat Rhodanien avec 52 entretiens et 25 observations participantes (producteurs, des techniciens, des acteurs de mise en marché, socio-politique ou société civile). Ils identifient les freins et les opportunités à la réduction ou à l’élimination des intrants chimiques et caractérisent les réseaux d’acteurs qui influencent leur utilisation. De potentielles innovations sont proposées et feront l’objet d’ateliers de co-conception avec les acteurs locaux.

Une réflexion collective pour les « Toits ressource »

Ce projet a émergé au cours des ateliers de réflexion d’adaptation au changement climatique animés sur le Pilat depuis le début de l’année 2022. Il consiste à considérer les toitures des bâtiments agricoles comme des ressources à différents titres :

– récupération d’eaux de ruissellement pour des usages agricoles (abreuvement, nettoyage…)

– récupération d’eau pour des réserves DECI

– production d’électricité  ou de chaleur

Il permettra de réduire la pression sur le réseau d’eau potable et de développer l’autonomie des exploitations avec un premiers groupe d’éleveurs aux contextes variés.

Action foncière

La charte du PNR a pour objectif de maintenir 100% de la SAU et s’assurer que 80% des exploitations seront transmises à l’horizon de 2025 (2011 vaut comme année de référence). Le travail concret se réalise par un partenariat avec les Chambres d’agriculture (convention), les SCoT et les communes pour la réglementation (PLU, ZAP, PAEN) à partir des données du recensement général agricole (RGA). Une convention avec Terre de liens  est en cours.

Un PAEN a été mis en place sur 5 communes de la bordure Gier du Pilat depuis 2011 (3105ha) à l’initiative du Parc du Pilat qui a testé la méthodologie d’élaboration de ce périmètre pour le compte  du Département de la Loire. Le plan d’actions est aujourd’hui animé par la Chambre d’agriculture de la Loire.

Structuration des débouchés

En plus des opérateurs des filières longues (SODIAAL, Guilloteau), des magasins de producteurs bio et/ou locaux sont présents sur le territoire (5 dans le territoire du Parc et 20 dans les villes portes) ainsi que des AMAP (5 dans les villes portes). Par ailleurs les producteurs pilatois sont présents dans de nombreux marchés locaux du territoire (Pélussin Bourg-Argental, Saint-Genest-Malifaux) et de nombreuses villes proches (Saint-Étienne, Lyon).

Pour apporter de la valeur ajoutée aux produits, le Parc a travaillé avec les éleveurs à la création de l’AOP Rigotte de Condrieu (fromage caprin) en 2013.  Sur les 18 fermes habilitées à produire de l’AOP, 2 sont AB.

Deux Plans Alimentaires Territoriaux sont en cours d’élaboration sur deux parties du Parc du Pilat (Saint Etienne Métropole et Monts du Pilat). Le Pilat est aussi concerné par le PAT de la Métropole de Lyon.

Communication et sensibilisation

  • Marché de produits locaux bio : Foire bio du Pilat depuis 2017, Salon régional des vins bio
  • Animation d’échanges par l’association citoyenne « Vent de bio »
  • Programme pédagogique avec les scolaires (animations sur différents thèmes dans les classes)
  • Espace muséographique du Parc avec diaporama interactif, dépliant de communication « Le Pilat, territoire d’agriculture biologique ». 10 000 visiteurs par an.
 

Actions non-agricoles

Préservation de la biodiversité

Le Parc est l’opérateur du contrat “Vert et Bleu” avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce contrat permet de mettre en œuvre de nombreuses actions de préservation ou restauration de corridors écologique avec les territoires voisins.

Un comité de pilotage « agriculture durable » a été créé en 1993. Son rôle : faciliter l’échange entre les parties prenantes et intéressées par les questions agricoles pilatoises. Il prend connaissances des actions conduites par les uns et les autres concernant l’agriculture, donne des avis sur les actions engagées par le Parc et sur les aides apportées via le programme LEADER. Il vérifie également l’adéquation entre les actions et les orientations de la charte du Parc. Il se réunit 2 à 4 fois par an et est présidé par le vice-président du Parc en charge de l’agriculture.

Organisations agricoles

Collectivités et administration

Experts et organismes publics

Population et associations

Chambres d’agriculture
AGRIBIO
ADDEAR
FDCUMA
Syndicats agricoles (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale)

Solidarités paysans

SAFER
Comités de développement agricole
Coopératives : SODIAAL, Balcons du Mont Pilat, Fromagerie Guilloteau

PNR Pilat
EPCI (Monts du Pilat, Pilat rhodanien, Saint Étienne Métropole, Vienne Condrieu Agglomération)

Départements 42 et 69

Région Auvergne Rhône-Alpes

DDT 42 et 69

Syndicats de rivières

Agences de l’eau

 

Campus Agronova
ISARA

INRAE


Associations environnementales (FNE, LPO, Fédérations de chasse, pêche)
Association “Vent de bio”

DISPOSITIFS FINANCIERS

Aides publiques

Union Européenne

  • Programme LEADER (Liaison entre acteurs du développement rural) (financement de magasins de producteurs, Amap, animation agroécologie…)
  • Paec (Projets agro-environnementaux et climatiques) Paec à l’échelle du Parc, Paec en binôme avec Saint-Étienne métropole.

(Note à propos de ce dispositif : les agriculteurs s’engagent volontairement pour souscrire à une batterie de MAEC dont des mesures système (Systèmes herbagers et pastoraux), des mesures surfaciques (prairies fleuries, prairies remarquables), des mesures linéaires ou ponctuelles (arbres, haies). Les agriculteurs doivent réaliser un diagnostic global d’exploitation et un plan de gestion des MAEC. En contrepartie, ils reçoivent une aide financière.) 

AELB

  • Contrats de rivière (ont permis par exemple le financement à 60% des enquêtes d’évaluation du potentiel de conversion, réalisées par l’ARDAB et la CA.)
  • Expérimentation de Paiements pour Services Environnementaux sur le Haut-Pilat : valorisation des services environnementaux rendus par 34 fermes autour de leurs prairies naturelles dans un contexte bocager

Région Auvergne-Rhône-Alpes

  • Plan Pastoral Territorial du Pilat : animation et financement d’actions visant à maintenir et promouvoir l’activité pastorale (aménagements sur les parcelles, informations et sensibilisation, animation foncière…)
Aides privées
  • Miimosa, Kiss kiss bank bank et Hello Asso : plateforme de financement participatif partenaires du Parc pour aider des porteurs de projets de création ou de développement d’activités à améliorer leur capacité d’autofinancement . (GAEC labellisé AB pour construction d’une fromagerie, KKBB 15 000 €. “La Rivoire”, centre agro-écologique et touristique, KKBB :22 115 €. Evénement ” Vent de bio “en 2017,” La première foire bio du Pilat”, HA, 1 040 €)
  • Les Cigales : club d’investisseurs locaux, financement sous forme de prêts. 6 groupes de Cigales dans le PNR.
  • Caisse d’épargne : partenariat avec le parc pour favoriser l’accès des porteurs de projets au prêt bancaire.
  • passage de 2 à 20% de la SAU bio totale du PNR entre 2007 et 2020. Aujourd’hui parmi 600 exploitations agricoles, 140 sont labellisées agriculture biologique.
  • signature de conventions vectrices d’actions multi-partenariales
  • présence sur le terrain : connaître les exploitants agricoles, les situations vécues, les craintes, les possibilités
  • adoption d’objectifs chiffrés ambitieux dans la charte du PNR
  • présence d’une coopérative de collecte de lait bio ayant une forte volonté de développer sa collecte de lait AB (SODIAAL)
  • effet d’entraînement lorsque la technique bio est maîtrisée par un petit nombre
  • volonté politique et citoyenne locale
  • sensibilité de la population pilatoise locale à la qualité de l’environnement et des produits (la Foire bio du 8 octobre 2017 à Pélussin a rassemblé plus de 3000 personnes)
  • morcellement des aides financières projet par projet, manque de dispositifs financiers et de débouchés suffisamment incitatifs au passage au bio
  • freins techniques ou filières notamment en arboriculture et viticulture
  • sensibilité accrue au dérèglement climatique : autonomie fourragère et alimentaire des élevages, évènements climatiques ponctuels (gel, grêle), pénibilité du travail lors de forts chaleurs…
  • pression foncière pour améliorer l’autonomie des fermes en les agrandissant vs parcelles disponibles pour l’installation de nouvelles activités
  • maintenir le rôle moteur du PNR dans la concertation entre acteurs du territoire
  • activer collectivement les leviers permettant d’appliquer les objectifs chiffrés de la charte
  • poursuite des dynamiques collectives agricoles (groupes et échanges d’expériences)
  • via les PAT : filières agricoles territoriales et sensibilisation des habitants à l’alimentation
  • appui pour des réflexions et essais pour améliorer la résilience vis-à-vis du changement climatiques

Le diagnostic global de conversion à l’échelle d’une exploitation agricole. Il permet de mobiliser les agriculteurs et travailler avec eux sur l’ensemble des paramètres (sont également abordées par exemple les questions d’énergie et de gaz à effet de serre). Cet échange approfondi entre l’agriculteur, le technicien agricole et le spécialiste de l’environnement permet de “scénariser” un projet de manière concrète, en trouvant des voies pour faire évoluer le système agricole.

L’accompagnement des collectifs agricoles. Portés par les agriculteurs, les projets collectifs permettent à chacun d’adapter ses pratiques à son contexte tout en bénéficiant de retours d’expériences du groupe.

Caroline CHAMPAILLER • Chargée de mission agroécologie • Parc naturel régional du Pilat • cchampailler@parc-naturel-pilat.fr

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