TYFA (IDDRI), Afterres2050 (Solagro)… la bio au coeur des scénarios de prospective agricole

De 45% à 100% bio, ces scénarios décrivent un avenir désirable qui répond aux enjeux croisés de l’alimentation et du changement climatique

IDDRI « Une Europe agroécologique en 2050 : une agriculture multifonctionnelle pour une alimentation saine »

L’IDDRI a publié en septembre 2018 le scénario « Ten Years For Agroecology in Europe » (TYFA) développé conjointement avec le bureau d’études AScA. Cette modélisation montre qu’une Europe entièrement agroécologique, affranchie des intrants de synthèses et reposant sur un redéploiement des prairies naturelles et sur une extension des infrastructures agroécologiques (haies, arbres, mares, habitats pierreux), pourrait nourrir durablement 530 millions d’Européens en 2050.

 Un travail très riche à découvrir en :

« Le scénario TYFA (Ten Years for Agroecology) repose sur l’abandon des pesticides et des fertilisants de synthèse, le redéploiement des prairies naturelles et l’extension des infrastructures agroécologiques (haies, arbres, mares, habitats pierreux). Il envisage également la généralisation de régimes alimentaires plus sains, moins riches en produits animaux et faisant une plus grande place aux fruits et légumes. Malgré une baisse de la production de 35 % par rapport à 2010 (en kcal), ce scénario satisfait aux besoins alimentaires des Européens tout en conservant une capacité d’exportation sur les céréales, les produits laitiers et le vin. Il permet une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole de 40 % par rapport à 2010, une reconquête de la biodiversité et la conservation des ressources naturelles (vie biologique des sols, qualité de l’eau, recomplexification des chaînes trophiques). »

Plus d’informations sur le site de l’IDDRI.

Afterres2050, le scénario de transition agricole, alimentaire et « climatique » de Solagro

Une prospective systémique pour nourrir un débat à enjeux multiples

Ouvrir un débat pluridisciplinaire sur des bases chiffrées, pour relever de nombreux défis inter-dépendants : tel est l’objectif d’Afterres2050. Comment nourrir une population plus nombreuse en 2050 ? Comment nourrir aussi nos cheptels, fournir du carbone renouvelable pour l’énergie, la chimie, des biomatériaux alors que l’équivalent d’un département français est artificialisé tous les 7 à 10 ans ?  Est-il possible d’y parvenir en préservant la santé des populations, en restaurant la biodiversité, en luttant contre le changement climatique ?

Revisiter nos besoins, relier l’offre et la demande

Afterres2050, à l’image du scénario négaWatt dont il partage la philosophie et les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre – pose en préalable la révision de l’ensemble de nos besoins – alimentaires, énergétiques, d’espace,…  – afin de les mettre en adéquation avec les potentialités de nos écosystèmes. Il s’agit de raisonner à la fois sur l’offre et la demande. Afterres2050 fait également confiance dans notre capacité à adopter des comportements plus sobres, plus soutenables, notamment en matière alimentaire.

Sur quels leviers repose Afterres2050 ?

  • Un rééquilibrage de notre régime alimentaire : il n’est ni tenable ni généralisable à 10 milliards d’êtres humains. Son empreinte climatique est très élevée du fait du poids de l’élevage dans notre agriculture et d’une alimentation très (trop) – riche en viande et en lait.
  • La généralisation d’une agriculture (et d’une sylviculture) multifonctionnelle qui s’apparente à l’agriculture biologique et à la production intégrée * (laquelle ne doit pas être confondue avec l’agriculture raisonnée).
  • Le maintien des flux d’import-export dans l’espace Europe et Méditerranée. C’est une question de solidarité envers des populations en insécurité alimentaire et climatique,
  • Une réduction massive des importations de protéines (soja) destinées à nourrir nos cheptels et son corollaire, l’extensification des systèmes d’élevage,
  • La réduction des gaspillages évitables durant toutes les étapes (transformation, distribution, consommations)
  • La réduction puis la stabilisation du rythme d’artificialisation des sols…
 
Plus d’informations sur le site web de Solagro.

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