Les nouveaux acteurs du renouvellement des générations

Comment favoriser la formation, l’installation et la transmission en agriculture ? De plus en plus d’acteurs se penchent sur la question. Le réseau FNAB partage ici quelques clés d’analyse.

Ces dernières années, on a vu se multiplier les nouveaux acteurs de la formation agricole, de l’installation et de la transmission. Rien d’étonnant : les enjeux de renouvellement des générations en agriculture sont énormes (45 % des agriculteurs et agricultrices pourraient partir à la retraite d’ici 2026 [1]) et le travail à accomplir est colossal afin d’éviter de perdre à nouveau 100 000 fermes dans la prochaine décennie (entre 2010 et 2020, 100 000 fermes ont disparu en France [2]) !

De nouveaux acteurs aux solutions souvent innovantes

Formations aux « nouvelles » pratiques (permaculture, micro-ferme…) et aux technologies agricoles 2.0, accompagnement entrepreneurial type « incubateur », solutions d’installation « clés en main », recherche de foncier ouvrant parfois la voie à la restructuration de fermes de taille importante… Les solutions imaginées ciblent souvent des freins bien identifiés dans les parcours d’installation ou de transmission : insuffisance des formations diplômantes en agroécologie et en agriculture biologique, difficulté d’accès au foncier et aux financements, fermes trop grandes pour être céder en l’état (a fortiori à des NIMA [3])…

Les initiatives proposées par ces nouveaux acteurs sont souvent innovantes et séduisantes ! Les Groupements d’Agriculture Biologique locaux et régionaux (GAB et GRAB) sont parfois sollicités par ces nouveaux acteurs. Le réseau FNAB a mis en place une charte pour mieux analyser les modèles et fonctionnements de ces nouveaux acteurs et évaluer si des partenariats sont envisageables.

Une grille d’analyse pour évaluer la faisabilité de partenariat

En tant qu’association agricole œuvrant pour un développement cohérent et durable de l’agriculture biologique, le FNAB identifie quatre grandes thématiques d’analyse pertinentes :

  • Est-ce que ce nouvel acteur et ses activités respectent les valeurs du réseau (détaillée dans la Charte des valeurs du réseau FNAB) ? Ici, la place de l’agriculture bio est très directement visée, mais également d’autres grands principes : la non-spécialisation agronomique des territoires, l’autonomie (décisionnelle, financière, technique…) des bénéficiaires (candidat-e-s à l’installation ou cédant-e-s), les implications financières pour les bénéficiaires…
  • Est-ce que cet acteur répond à des besoins réels en complémentarité avec les actions déjà menées sur le territoire ? Il s’agit ici d’éviter la concurrence (en termes de public, de financements…) et d’être en capacité d’articuler les nouvelles actions avec d’autres déjà existantes (émergence, formations techniques et entrepreneuriales, accompagnement sur la question foncière, tests d’activité, tutorat…).
  • Quelle est la place des acteurs « historiques » de l’installation et de la transmission dans les actions de ces nouveaux acteurs ? Au vu de l’expertise, souvent récente, de ces acteurs sur les sujets agricoles, les liens avec les organismes de développement agricole préexistants peuvent être pertinents. Ont-ils été envisagés ? prévus ?
  • Quels seront les impacts d’une éventuelle collaboration ? Il est ici question d’image mais aussi d’efficacité. Au bout d’un ou deux ans, y’aura-t-il effectivement des installations et transmissions réalisées ? Si l’acteur existe depuis quelques temps sur d’autres territoires, quels sont les résultats et les enseignements de ces expériences ?

Et pour les collectivités, quels critères ?

Les collectivités engagées dans une politique agricole et alimentaire sur leur territoire, ont défini des orientations politiques claires et poursuivent certains objectifs opérationnels en matière d’installation-transmission. Elles ont aussi déjà lié des partenariats avec certains acteurs agricoles pour faire avancer ces questions.

Les critères d’analyse cités plus haut peuvent invitent les collectivités à s’interroger sur les éléments clés à analyser avant de s’engager dans un partenariat avec de nouveaux acteurs de l’installation, et peuvent servir de base à l’élaboration de leur propre grille en fonction de leurs programme, priorités, lignes rouges.

[1] Source : CESE, Entre transmettre et s’installer, l’avenir de l’agriculture !, 2020).

[2] Source : Ministère de l’agriculture, Recensement général agricole 2020, 2021.

[3] Non-Issu-e-s du Milieu Agricole.

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