Sensibiliser et accompagner les agriculteurs conventionnels vers la bio

Un maillon indispensable à l’émergence d’une dynamique bio territoriale

Pour réellement embarquer son territoire dans une démarche de transition agricole, l’introduction de produits bio en restauration collective ou l’installation d’agriculteurs bio est nécessaire mais pas suffisant : il est nécessaire d’encourager les conversions à la bio des agriculteurs déjà en place.

Et ce n’est pas une mince affaire : le passage à la bio nécessite une évolution des systèmes agricoles, demandant de la part des agriculteurs des changements fondamentaux au niveau technique, économique mais aussi et surtout culturel. Les freins peuvent être nombreux, mais les leviers sont identifiés. La méconnaissance de la bio et de ses filières nécessite encore des efforts soutenus de communication sur ces aspects pour déconstruire certaines idées reçues. Ainsi, l’information, l’expérimentation et les échanges entre pairs sont des leviers efficaces, en parallèle des actions réalisées, de la valorisation des productions et la structuration des filières.

Quelle rôle des collectivités locales sur ce sujet ?

Afin de concrétiser cette évolution des pratiques agricoles vers la bio, les collectivités territoriales ont de nombreuses cartes en main : dialogue avec le monde agricole, accompagnement de projets, aides financières, mise à disposition de foncier pour tester la bio.

Une mesure parait centrale : il s’agit de multiplier les espaces de dialogue, d’information ou d’expérimentation sur l’agriculture biologique. Ci-dessous quelques idées :

1. Informer, former et partager

• Mettre en place des animations collectives en s’appuyant sur les agriculteurs bio relais sur le territoire et avec une entrée technique, agronomique et/ou économique : visites de fermes, réunions techniques, tours de plaine saisonniers, démonstrations d’outils de désherbage mécanique, formations, visites d’essais…
• Mettre en place un réseau de fermes bio témoins sur le territoire et diffuser des références et des études de cas (« fermoscopie » ) via un observatoire.
• Acquérir des références technico-économiques locales pour la rentabilité et la viabilité des systèmes bio, et diffuser sur le territoire via les visites, portes ouvertes, réunions, bulletins d’informations…
• Organiser des événements (affichés bio ou avec juste une entrée technique) avec les différents partenaires techniques et économiques en invitant les interlocuteurs principaux des agriculteurs (conseillers techniques, élevage, gestion…) : journées techniques sur la gestion des adventices, les herbages, les filières. Ces événements multipartenaires permettent d’attirer un public plus large et moins conquis, qui viendra par l’intermédiaire d’autres réseaux.
• Sensibiliser et former les différentes parties prenantes sur l’AB (techniques, cahier des charges, filières..) : élus et animateurs des collectivités, institutions, Chambre d’Agriculture, coopératives, enseignement agricole, vétérinaires, CUMA, banques…
• Communiquer régulièrement auprès de tous les agriculteurs sur les aspects techniques, économiques, territoriaux (qualité eau, air, biodiversité…) et relayer les avertissements (état sanitaire des cultures, conditions météorologiques et risque de lessivage) : flash techniques et bulletins d’infos envoyés 3 à 4 fois par an), actualités par mail, site internet…
• Porter à la connaissance de tous les agriculteurs du territoire des informations existantes sur : les services existants et mobilisables pour l’accompagnement et le suivi des projets de conversion et/ou de changements de pratiques progressifs ; ainsi que les possibilités actuelles et à venir de débouchés et de valorisation économiques pour les productions biologiques.

2. Simuler l’impact des changements

• Proposer des diagnostics de conversion aux agriculteurs du territoire afin de simuler les impacts techniques et économiques d’une conversion de leurs exploitations. S’ils le souhaitent, les résultats peuvent être partagé dans le cadre d’événements d’information sur la bio et ainsi illustrer l’impact d’un passage en bio par un exemple concret et local.

3. Expérimenter

• Proposer un suivi renforcé pour tester des pratiques innovantes issues de l’AB : essai d’un itinéraire bio sur une parcelle, rotation collective, désherbage mécanique et gestion préventive des adventices…
• Mettre à disposition du matériel spécifique pour encourager les initiatives d’essai de nouvelles techniques et cultures (outils désherbage mécanique, triage, séchoir…).
• Installer une plate-forme d’essai, en se basant notamment sur les centres d’enseignement agricoles présents localement, afin de comparer des itinéraires techniques et les résultats économiques (bio, intégré, conventionnel), et/ou de comparer des couverts végétaux, pratiques de fertilisation, associations de cultures…

4. Mettre en lien, pour soutenir les remises en question et les changements

• Identifier et mobiliser des agriculteurs, conventionnels et biologiques relais sur le territoire, capables de mobiliser leurs pairs.
• Mettre en lien les agriculteurs avec les acteurs des filières et le grand public pour créer des opportunités et incitations au changement.
• Mobiliser et engager les acteurs économiques des filières bio pour qu’ils soutiennent les conversions : les intégrer aux démarches (en les invitant aux réunions, les faisant intervenir pour présenter leur fonctionnement, les prix, communiquer sur leurs filières) et organiser des réunions d’information par filière.
• Animer des groupes d’échanges abordant des problématiques à fois techniques et économiques (systèmes fourragers économes en intrant, lait, viande, légumes de plein champs et grandes cultures…), afin de miser sur la dynamique collective pour enclencher des changements (rotation collective, outil de transformation, mutualisations au niveau de la production ou commercialisation…).
• Organiser des « cafés conversion » pour aborder sous un autre angle le changement.
• Créer un réseau de tutorat/parrainage entre agriculteurs bio et conventionnels pour les agriculteurs s’interrogeant sur la bio et les changements, afin de bénéficier de l’expérience du producteur biologique tuteur qui apporte un conseil « de pair à pair » et transmet son savoir-faire.
• Coordonner son action territoriale avec le Pôle Conversion bio de sa région, s’il existe

5. Mettre en œuvre des conditions « facilitatrices » et d’opportunités

• S’impliquer sur la valorisation des produits bio et locaux, afin de créer un climat de confiance avec les producteurs qui verront les efforts de la collectivité pour les soutenir : promotion, création de débouchés (marchés, AMAP, restauration collective) et appui à la transformation et commercialisation (création de marques, mise en place d’outils de transformation ou stockage, plateforme de distribution…).

• Accompagner les démarches de conversion et de sécurisation des systèmes bio grâce à un soutien politique et financier des projets : communication par la collectivité locale, dispositif d’aide financière locale…

Le réseau FNAB est présent sur tout le territoire métropolitain est peut organiser avec vous différents événements à même de « démystifier » l’agriculture biologique au sein du monde agricole conventionnel et d’offrir les clés et l’accompagnement aux agriculteurs intéressés pour faire évoluer leurs pratiques et sauter le pas de la conversion.

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