Mettre à disposition du matériel agricole alternatif pour accompagner le changement des pratiques agricoles

Lorsque le frein de l’accès à du matériel adapté est levé par la collectivité locale

Le territoire des Plaines et Vallées de Niort, membre du réseau des Territoires bio pilotes, rassemble les deux Syndicats d’eau de la Courance et du Vivier engagés depuis plus de 10 ans dans le cadre du programme Re-Sources de reconquête de la qualité de l’eau destinée à alimenter la population.

Ce territoire met en œuvre une grande variété d’actions pour favoriser le changement des pratiques agricoles et le développement de l’agriculture biologique : sensibilisation et accompagnement individuel des agriculteurs, information technique, expérimentation agricole, développement de nouvelles filières…

Et ça marche ! Entre 2009 et 2018, dans ce territoire de grandes cultures, la surface menée en bio est passée de 1,5% à 13%, au bénéfice de la qualité de l’eau et de la préservation de la biodiversité. La richesse du projet agricole territorial est décrit plus précisément sur cette page.

Parmi toutes ces actions, les syndicats d’eau innovent en mettant à disposition des agriculteurs intéressés du matériel agricole de désherbage mécanique via les CUMA (Coopératives d’utilisation du matériel agricole).

L’ensemble des agriculteurs du territoire (bios et conventionnels) peuvent ainsi bénéficier chaque année de six herses étrilles (12 mètres) et d’une houe rotative (6 mètres), outils plébiscités par les agriculteurs bios qui permettent de désherber de nombreuses cultures sans chimie : rapide et efficace pour déraciner ou étouffer de nombreuses mauvaises herbes (comme le gaillet grateron, la ravenelle, la sanve, la matricaire, le vulpin, la digitaire…) qui concurrencent les plantes cultivées. Des conditions d’intervention doivent être réunies pour garantir un désherbage efficace : plantes à détruire peu développées, sols ressuyés, soleil annoncé, réglages de l’outil et vitesse d’avancement optimums. Sont également mis à disposition un rouleau pour la destruction des couverts hivernaux et un semoir de semis direct.

Après deux années de fonctionnement de cette action, ce sont près de 1 000 hectares qui ont été ainsi gérés mécaniquement via ce matériel, et cela a déjà entraîné trois acquisitions par les agriculteurs locaux à l’issue de la mise à disposition.

Ce projet est cadré juridiquement via le dispositif d’expérimentation de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, qui intervient financièrement à hauteur de 50% à 60%, le reste du coût étant à la charge des syndicats d’eau (30 à 40% d’autofinancement) et du Conseil Régional.

Concrètement, c’est la CUMA qui loue le matériel de désherbage à un concessionnaire, et les syndicats d’eau indemnisent la CUMA grâce aux financements du Contrat Territorial Re-Sources, pour un an. Le matériel est mis gratuitement à disposition des agriculteurs du territoire avec un accompagnement à l’utilisation. Ils découvrent ainsi l’usage de ce matériel sans prendre le risque financier de son acquisition. Lorsqu’ils sont convaincus de son intérêt, ils peuvent acheter de tels outils en propre ou via la CUMA.

Les syndicats d’eau mettent également à disposition à titre expérimental des semences de couverts végétaux afin de tester de nouvelles modalités d’intercultures. 200 à 250 ha de couverts sont ainsi implantés chaque année.

Pour Cédric Billy, animateur agricole au Syndicat des Eaux du Vivier, « l’existence d’un réseau de collectifs d’agriculteurs sur le territoire, les groupes CUMA (Coopératives d’utilisation du matériel agricole), est une des clés de la réussite de l’action. Travailler avec ces groupes permet de toucher plus de monde, notamment des agriculteurs peu présents à nos événements habituels. Et cela créée du dialogue entre les modes de production agricoles : les agriculteurs bio du territoire sont souvent sollicités pour leur expertise d’utilisation de ces matériels. Cette action permet de favoriser concrètement la diminution du nombre de doses de produits phytosanitaires utilisées sur le territoire, et cela à un coût limité ».

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