Strasbourg Eurométropole

Dès 2008, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg affichent l’objectif d’associer fonctions écologiques, économiques et sociales, en orientant l’agriculture périurbaine vers une production nourricière, respectueuse de l’environnement et alimentant le bassin de consommation de l’agglomération de Strasbourg (25% de la population alsacienne), par le biais de circuits courts. Cette volonté a abouti à la mise en place en 2010 d’une stratégie visant le développement d’une agriculture durable sur le territoire de l’Eurométropole conduite depuis en partenariat avec la Chambre d’Agriculture d’Alsace (CAA) et Bio en Grand Est. Trois grands thèmes ont été identifiés :

  • Préserver les espaces agricoles et maintenir les exploitations agricoles,
  • Développer un modèle d’agriculture locale durable, c’est-à-dire pérenne et de proximité qui répond aux attentes sociétales,
  • Renforcer le lien entre le monde agricole et l’ensemble de ses interlocuteurs, qu’ils soient institutionnels ou personnes privées.
 

Territoire

  • Strasbourg Eurométropole 33 communes ● 491 409 habitants
  • Agence de l’eau Rhin-Meuse (AERM) ● Région Alsace (67)
  • Superficie : 33 985 ha
  • Cadre d’actions mobilisé : stratégie visant le développement d’une agriculture durable initiée en 2010 par la ville et l’Eurométrople de Strasbourg et la Chambre d’Agriculture. Des programmes d’actions biennaux et des conventions de financements sont établis entre la collectivité et ses partenaires (Chambre d’Agriculture et Bio en Grand Est) pour la mise en œuvre de cette stratégie
 

Caractéristiques agricoles

  • Production dominante : grandes cultures
  • Surface agricole utile (SAU) : 12 554 ha dont 265 ha en bio (20 agriculteurs bio) soit 2.11% de la SAU en bio en 2019
 

Actions mises en œuvre

En 2008, Strasbourg stoppe son étalement urbain et se réapproprie son territoire par le développement de ses infrastructures vertes. La prise de conscience nécessaire pour répondre aux enjeux climatiques, oriente le projet de territoire vers l’ambition d’une métropole durable, où l’agriculture, activité d’abord économique, contribue à valoriser le patrimoine naturel et s’efforce de répondre aux besoins alimentaires du territoire. Il s’agit alors d’orienter l’agriculture vers une production nourricière, respectueuse de l’environnement et de relocaliser le système alimentaire pour gagner en autonomie et en qualité. En partenariat avec la Chambre d’Agriculture d’Alsace (CAA) et Bio en Grand Est, une stratégie est mise au point. Elle comprend 3 axes de travail :

  • Préserver les espaces agricoles et maintenir les exploitations agricoles,
  • Développer un modèle d’agriculture locale durable, c’est-à-dire pérenne et de proximité, qui répond aux attentes sociétales,
  • Renforcer le lien entre le monde agricole et l’ensemble de ses interlocuteurs, qu’ils soient institutionnels ou personnes privées.
Au travers de programmes biennaux, les partenaires conviennent des actions à mener telles que les modalités de prise en compte de la dimension urbaine dans les documents d’urbanisme et les projets urbains, la gestion volontariste du foncier de la collectivité (clauses environnementales, compensation de surface), l’ouverture de magasins de producteurs, l’installation de jeunes maraîchers, les conversions à l’AB, l’organisation d’un événement annuel permettant de recréer du lien entre la Ville et la campagne, etc.

Dans ce cadre, Bio en grand Est bénéficie d’une participation financière annuelle de l’Eurométropole pour les ressources humaines qu’elle consacre aux actions de sensibilisation et d’accompagnement des agriculteurs, exploitants sur le territoire de l’Eurométropole, à la conversion AB ainsi qu’aux actions permettant de structurer la distribution des produits bio locaux.

En parallèle, la Ville avec l’appui de Bio en Grand Est, a engagé une réflexion portant sur l’approvisionnement local et bio de la restauration scolaire. Ainsi, le cahier des charges défini en 2009 prévoyait un minimum de 20% de produits bio, voire 40% sur certains sites, et une réduction annuelle de 3% des GES afin d’orienter le prestataire vers un approvisionnement local. Les conditions de ce marché public ont à chaque renouvellement été renforcées. A ce jour, près de 230 tonnes de produits bio, dont 60% d’origine locale, entrent dans la composition des 11 500 repas journaliers.

ACCOMPAGNEMENT DES CHANGEMENTS DE PRATIQUES AGRICOLES

Sensibilisation collective

Chaque année, dans le cadre du pôle conversion, Bio en Grand Est organise des réunions collectives d’information. Elles permettent de diffuser de manière simple et efficace les informations de base relative à l’AB (réglementation, aides financières, démarches d’engagement, identification des acteurs…) et représentent un temps de rencontre entre producteurs porteurs d’un projet de conversion AB. Les agriculteurs du territoire de l’Eurométropole y sont conviés.

Visites individuelles pour aller plus loin sur la bio

Plusieurs vagues de visites individuelles des agriculteurs de l’Eurométropole ont été réalisées entre 2010 et 2019 par la CAA et Bio en Grand Est. Elles ont eu pour objectif de recueillir des renseignements généraux sur leur système de production (parfois en lien avec la préservation de la qualité de l’eau ou de l’air). Ces visites ont révélé une méconnaissance générale de l’agriculture biologique : elles ont permis de diagnostiquer les atouts et contraintes sur les exploitations pour un éventuel passage en AB et d’identifier des agriculteurs intéressés. Ces visites ont également révélé qu’une part importante des agriculteurs ont plus de 55 ans, ce qui pose de manière crue la question de la cession/transmission des entreprises agricoles sur les années à venir et des possibilités d’installation de jeunes agriculteurs bio.

Accompagnement individuel de projets en bio

En 2019, 7 producteurs bio ont été accompagnés dans leurs projets de diversification ou transmission, 1 producteur a été accompagné à la conversion bio. De plus, 9 producteurs ont été identifiés comme ayant un projet de conversion, ce qui représente un potentiel de 90 ha supplémentaires. Enfin, entre 2010 et 2019 la SAU AB de l’Eurométropole de Strasbourg est passée de 53 ha à 265 ha (soit 2.11% de la SAU) et le nombre d’agriculteurs de 7 à 20.

CRÉATION D’UN NOUVEAU CAPTAGE D’EAU POTABLE

Afin de sécuriser l’alimentation en eau potable de Strasbourg et de sa 1ère couronne, l’Eurométropole est en train de créer un nouveau captage de secours au sud de son territoire, en zone agricole. Le débit de fonctionnement normal sera de 1000m3/h et passera à 4000m3/h lorsque l’approvisionnement en eau de l’agglomération ne pourra plus être assurée par les captages existants (en cas de pollution accidentelle par exemple). Sa mise en activité est prévue pour 2021. Les études sur la mise en place de l’Aire d’Alimentation du Captage (AAC) définissent un périmètre quasi exclusivement en dehors du territoire de l’Eurométropole qui concerne environ 100 agriculteurs pour 1300 ha exploités.

Durant l’hiver 2015/2016, des diagnostics agricoles individuels ont été réalisés par la CAA afin de connaître les pratiques des exploitants présents sur le périmètre et de mesurer leur capacité à tendre vers des pratiques limitant les risques de pollution de la ressource en eau. A compter de 2017, un groupe de travail est mis en place avec des représentants agricoles pour déterminer les actions de préservation de la ressource à mettre en place. Deux études (l’une portant sur les enjeux agricoles du périmètre, l’autre sur les possibilités de développement des cultures bas impact) sont à conduire en 2020 et vont bénéficier du soutien de l’agence de l’eau. Une CUMA, composée de 17 exploitants agricoles a été constituée. Elle portera dans un premier temps un projet d’aires de lavage et remplissage. Elle est surtout un lieu d’échange sur les bonnes pratiques et pourra favoriser l’émergence de nouveaux projets collectifs de protection de la qualité de l’eau. En parallèle, la création du champ captant nécessite de négocier des mesures environnementales pour compenser les impacts potentiels causées au milieu naturel notamment par le rabattement de la nappe. Un important travail d’échange de parcelle a été entrepris par l’Eurométropole avec 7 agriculteurs pour libérer une enclave agricole de 9 ha au sein de la réserve nationale naturelle d’Illkirch. Après des années de cultures céréalières conventionnelles, une prairie naturelle a pu y être implantée ; elle sera le lieu de mise en place des mesures compensatoires.

FONCIER – AMÉNAGEMENT

Soutien à l’installation

En définissant une procédure (cahier des charges pour appel à candidature) et des critères d’attribution des terres agricoles dont elle est propriétaire, la collectivité entend favoriser l’installation de jeunes agriculteurs, développer le maraichage et l’AB (grâce à la mise en place de clauses environnementales) ou maintenir l’activité agricole (par de la compensation de surfaces). Au fil des ans, plusieurs projets d’installation de jeunes ont ainsi pu être facilités ou consolidés :

  • 2013 : attribution en bail rural à clause environnementale AB de 2,5 ha à une jeune maraîchère pour une production légumière bio et une libre cueillette de fraises.
  • 2014 : lancement d’une production maraichère sur 11 ha (dont 3 ha propriétés de la Ville et de l’Eurométropole) par un jeune maraicher ; le site est mis à disposition par les occupants en place, des céréaliers, qui vont s’associer au jeune et l’accompagner dans le lancement de son entreprise.
  • 2015 : mise à disposition d’un jeune maraicher bio de bâtiments et de 5 ha de foncier sous forme d’un BRCE-AB ; il y a construit un hangar et développé un point de vente directe.
  • 2019 : attribution de 1,2 ha à un jeune céréalier/meunier bio, 7.5 ha à un jeune reprenant l’exploitation céréalière paternelle et 5 ha à un jeune céréalier en cours d’installation hors cadre familial et en réflexion sur la conversion AB.

Au total, depuis 2010, 22 baux ruraux à clause environnementale ont été conclus (AB, création et maintien de haies ou prairies, limitation/suppression des phytos) et concernent plus de 130 ha du patrimoine non bâti de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

Gestion agricole des espaces naturels

Des expérimentations de gestion agricole des espaces naturels par l’élevage ont été entreprises par la collectivité, qui envisage ainsi des possibilités nouvelles de gestion d’espaces situés en réserve naturelle. Plus de 40 ha sont aujourd’hui pâturées par des Highland cattle et des ovins et convertis à l’AB.

La prise en compte de la dimension agricole dans le PLUi et les projets urbains

Dans le cadre de l’élaboration du PLU, les secteurs de développement urbain ont été redimensionnés, ce qui a permis en 2016 de reclasser 850 ha de SAU en zone agricole ou naturelle inconstructible (soit 27% des terrains précédemment classés à urbaniser). Par ailleurs, pour faciliter l’émergence et la réalisation de projets de diversification, la constructibilité des zones agricoles a été qualifiée et graduée.

Dans le cadre des projets urbains, un protocole signé la même année définit les modalités d’indemnisation des agriculteurs impactés et comprend un dispositif d’aide au redéploiement des éléments d’actifs. De plus, certains projets contiennent d’ores et déjà la dimension agricole comme composante économique du projet lui-même (par exemple le projet d’agro-parc sur la Zone Commerciale Nord qui comprend un magasin de vente directe, adossé à un restaurant et un site de 5 ha de maraîchage AB).

STRUCTURATION DES DÉBOUCHÉS

Développement des circuits courts de commercialisation et amélioration de la visibilité des produits biologiques locaux

En 2010, une étude portant sur la valorisation en circuits courts des productions locales, dont la production biologique, a mis en lumière un important potentiel de consommation mais aussi un déficit d’information des consommateurs. Des actions de promotion de l’agriculture locale et des productions biologiques ont été entreprises, avec le concours de la CAA et de Bio en Grand Est :

  • un événementiel grand public annuel faisant la promotion de l’agriculture locale (alternativement la “Ferme en Ville” et le “Tour des fermes”).
  • le recensement des sites de distribution de paniers (biologiques ou non), dont certains à proximité d’écoles, et de vente à la ferme
  • l’accompagnement des projets collectifs de vente directe :
    • la Nouvelle Douane, vitrine de l’agriculture locale ouverte en 2014 dans des locaux situés au centre-ville et partiellement classés monument historique mis à disposition par la Ville,
    • es projets de magasins de producteurs adossés à des restaurants tel l’agro-parc qui va ouvrir fin 2020 dans la zone commerciale nord et la SCIC Manufacture LAB dont l’ouverture est prévue en 2022 et qui présente l’avantage de proposer une offre intégralement bio.
  • l’identification de lieux de distribution pour le collectif de producteurs « Ma ferme bio »
  • l’amélioration de la visibilité des producteurs bio sur les marchés de la Ville de Strasbourg au moyen d’une charte. Peuvent y adhérer les producteurs dont le chiffre d’affaires est constitué à 70% au moins de la vente de leur production. Ils bénéficient d’outils de communication spécifiques (utilisation d’un logotype “Produits de ma ferme” sur les étals).
  • La mise au point d’un visuel « Mangeons local », fil conducteur de la communication des partenaires.
La bio en restauration collective

La Ville de Strasbourg compte à ce jour 46 restaurants scolaires (maternelles et élémentaires) dont  15 accueils de loisirs maternelles accueillant les enfants les mercredis et vacances scolaires et 6 structures petite enfance (jardins d’enfants et halte-garderies). Cela représente près de 11 500 repas par jour, dont la gestion est déléguée à une société de restauration collective. Afin de favoriser l’introduction de produits bio locaux dans les repas, la Ville a formulé en 2009 des exigences ambitieuses dans le cahier des charges de la société de restauration prestataire conformément à l’offre biologique locale renseignée par Bio en Grand Est.  Elle a poursuivi cet engagement à travers ses différents marchés successifs. A ce jour, ce sont 30% de composantes bio qui sont proposés dans les restaurants scolaires et 40% dans les structures petite enfance, ce qui nous rapproche d’ores et déjà des 20% de produits bio en valeur achats requis par les préconisations de la nouvelle loi EGALIM applicables en 2022.

Pour mettre en œuvre ce marché public, le prestataire, l’Alsacienne de Restauration, a signé en 2010 avec Bio en Grand Est et Solibio (société coopérative d’intérêt collectif regroupant des producteurs biologiques et transformateurs alsaciens pour livrer la restauration collective) une convention de partenariat : le prestataire s’engage à proposer des produits bio locaux à des prix compétitifs et équitables pour le producteur en passant par l’outil de structuration régionale des filières qu’est Solibio, avec un appui au développement par Bio en Grand Est.

La planification engendrée par ce débouché offre une visibilité à la plateforme Solibio et donc à ses adhérents qui ont ainsi pu investir dans des équipements de stockage, tri ou transformation. Elle a contribué au fort développement des surfaces bio alsaciennes, en fruits et légumes notamment. Certains maraîchers adhérents ont ainsi réduit des surfaces de céréales pour implanter des légumes afin de répondre à cette demande croissante. Les surfaces de légumes cultivés en bio sont passés de 182 hectares en 2008 en Alsace à 346 hectares en 2011 et 595 ha en 2017. Parallèlement, la progressivité de la montée en charge a permis d’assurer un approvisionnement régulier des cantines sur les plans qualitatifs et quantitatifs. Chaque année ce sont quelque 150 tonnes de produits bio alsaciens qui sont servis par l’Alsacienne de restauration aux enfants.

Enfin, des repas “bons pour la planète”, sans viande, ont été introduits ainsi que de nouveaux produits bio (quinoa, lentilles corail, courges, radis noir et autres légumes de saison, laitages, viande bovine bio, jambon bio). En parallèle, Bio en Grand Est réalise avec l’Alsacienne de Restauration des animations avec des producteurs bio auprès des enfants des écoles lors de la pause méridienne.

Pour l’ensemble des actions à visée agricole et alimentaire, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg ont obtenu en 2017 le label Projet Alimentaire Territorial du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation.

Pour l’ensemble des actions de développement de l’agriculture biologique, la ville et l’Eurométropole de Strasbourg ont obtenu le label SAGE Ill Nappe Rhin en 2019.

 

ACTIONS NON-AGRICOLES

En 2008, la Ville a amorcé des actions telles que :

  • la gestion sans pesticide de tous les espaces publics : espaces verts, voiries, écoles, terrains de sport et cimetières, en généralisant la gestion différenciée et les techniques alternatives
  • la sensibilisation au jardinage écologique par un accompagnement pédagogique, un guide du jardinage naturel, la distribution de semences de prairies fleuries à destination des usagers des jardins familiaux, la mise en place de jardins partagés et potagers urbains collectifs,
  • la sensibilisation des établissements parapublics et des entreprises privées au zéro pesticide via la démarche “Tous unis pour plus de biodiversité”.

Pour l’ensemble de ces actions agricoles et non agricoles en faveurs de la biodiversité, la ville de Strasbourg s’est vue décerner en 2014 le prix de Capitale Française de la Biodiversité, concours organisé par Plantes et Cités et Natureparif sur le thème de l’agriculture urbaine. Elle a été de nouveau distinguée dans le cadre de ce même concours en 2017 dans la catégorie « Meilleure grande ville pour la biodiversité » (thème Aménager et bâtir en favorisant la biodiversité) et en 2018 comme Ville biodiversité 5 libellules (thème Conception et gestion écologique des espaces de nature).

Gouvernance

  • Une convention cadre 2010/2014 définissait les orientations stratégiques ; elle a été reconduite pour la période 2015/2020 et sera rediscutée pour une nouvelle période 2021/2026 par les partenaires (ville et Eurométropole de Strasbourg, CAA, Bio en Grand Est). Cette convention cadre est déclinée en programmes d’actions biennaux, assorties de conventions d’objectifs et financement entre l’Eurométropole (financeur) et la CAA d’une part et Bio en Grand Est d’autre part.
  • Portage en interne à la Ville et Eurométropole :
    • sous l’impulsion du Maire de Strasbourg, le projet a été mis en œuvre et soutenu par son adjointe et conseillère eurométropolitaine en charge à la fois de l’éducation et de l’agriculture.
    • Services mobilisés : Développement économique, Environnement et Écologie urbaine, Politique foncière et immobilière, Projets urbains, Prospective et Planification urbaine, Service d’Information Géographique (SIG), Domaine Public, Espaces verts, Communication, Service petite enfance et éducation.
  • Le Comité de Pilotage (COPIL) est composé des représentants de la Ville et de l’Eurométropole, de la Chambre d’Agriculture et de Bio en Grand Est. Les Jeunes agriculteurs, la SAFER, l’AERM, la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF), la Direction Départementale des Territoires (DDT), l’Adème y sont également associés. Le COPIL élabore le cadre général du partenariat, oriente et supervise l’avancement des actions à l’occasion de réunions annuelles.
  • Des groupes de travail voire de “COPIL ad hoc” pour chacune des actions du programme intégrant l’ensemble des partenaires qu’il convient d’associer (notamment les services de l’État, la Chambre de Consommation d’Alsace…) peuvent être mis en place.

Éléments financiers

Budget total des actions bio Eurométropole :

  • 2010-2011 :      108 560 €
  • 2012-2013 :      37 100 €
  • 2014 :              18 280 €
  • 2015-2016 :      36 560 €
  • 2017-2018 :      47 360 €
  • 2019-2020 :      47 360 €

Résultats

  • Dynamique impulsée avec les agriculteurs du territoire sur la bio : plus de 2/3 des producteurs contactés ou rencontrés, participation encourageante aux événements professionnels bio
  • Passage de 7 à 20 fermes bio sur le territoire entre 2010 et 2019 et augmentation significative des surfaces en bio (de 53 à 265 ha)
  • Consolidation et développement des paniers bio : sur la centaine de points de distribution de paniers (magasins, cours d’immeuble, etc.), la grande majorité est bio
  • 30% de composantes bio proposés dans les restaurants scolaires et 40% dans les structures petite enfance, ce qui tend d’ores et déjà vers les 20% de produits bio en valeur achats requis par les préconisations de la nouvelle loi EGALIM applicables en 2022. Chaque année environ 150 tonnes de produits bio alsaciens sont servis aux enfants
  • Augmentation maîtrisée des coûts des repas : les repas livrés sur les sites à 40% bio sont facturés environ 5% plus cher à la Ville par le prestataire, qui prend en charge ce surcoût
  • Amélioration de la visibilité des producteurs bio auprès du grand public grâce aux actions de promotion

Facteurs de réussite

  • Volonté politique partagée (objectifs clairs, ambitieux mais réalistes) et moyens mis en œuvre pour la réussite du projet

  • Démarche globale et cohérente : de la production à la consommation

  • Climat de confiance et de transparence entre les partenaires

  • Implication forte des partenaires et notamment des filières biologiques (Bio en Grand Est, Solibio)

  • Importance du bassin de consommation : 490 000 habitants, 26% de la population alsacienne

  • Opportunité d’acquisition ou de libération de foncier

Difficultés rencontrées

  • Contexte agricole : systèmes de grandes cultures à dominante maïs ou pluriactifs avec peu de temps disponible et peu de terres ou agriculteurs proches de la retraite ne souhaitant pas changer de système, pression foncière
  • Historique de gestion du foncier agricole « au fil de l’eau »
  • Temps de maturation des projets

Perspectives

  • Redéfinition pour 2021 du cadre du partenariat entre la Ville, l’Eurométropole, la CAA et Bio en Grand Est pour développer l’agriculture, et notamment biologique, sur le territoire
  • Relance du marché d’approvisionnement des cantines pour la période 2021/2025 en lien avec les exigences de la loi EGALIM

C’est à refaire

  • Politique d’acquisition foncière et de mise en place de baux ruraux environnementaux à clause agriculture biologique sur les terres de la collectivité
  • Travail des services de la Ville pour adapter le cahier des charges pour la restauration collective concédée à l’approvisionnement en produits bio locaux
  • Sensibilisation des agriculteurs en activité pour préparer à moyen et long terme l’augmentation de bio sur le territoire
  • Mise en place d’actions de communication et de sensibilisation des consommateurs afin de générer une demande en produits bio locaux

Contacts

Anne FRANKHAUSER ● Chargée de mission « Agriculture durable » ● Ville et Eurométropole de Strasbourg – anne.frankhauser[at]strasbourg.eu

Romain DEGOUL ● Chargé de mission « Agriculture durable » ● Ville et Eurométropole de Strasbourg ● romain.degoul[at]strasbourg.eu

Ceci peut aussi vous intéresser

Quelle restauration collective durable pour l’Europe ?

Les 4 et 5 février 2020, la FNAB et Bio Occitanie représentaient la France parmi les 17 organisations venant de 12 pays différents à participer à une table ronde sur le thème de la restauration collective durable dans le cadre du projet européen H2020 BOND.

Restez informé !

La newsletter mensuelle « Territoires bio » rassemble chaque mois de nouvelles actualités, outils et retours d’expériences de collectivités locales engagées.

Veuillez renseigner votre adresse e-mail pour vous abonner à la newsletter.

Inscrivez-vous a notre newsletter !