le Val de Drôme en Biovallée

La communauté de communes du Val de Drôme en Biovallée est engagée depuis plusieurs années dans une démarche de transition vers la bio. Découvrez leur expérience.

Le Val de Drôme en Biovallée

 

La Communauté de Communes du Val de Drôme en Biovallée (CCVD) rassemble 29 communes et porte un projet de territoire ambitieux autour du projet Biovallée, territoire école de la transition écologique.

L’agriculture a un poids économique, environnemental et paysager important dans le territoire du Val de Drôme. 1/3 des emplois dépendent directement et indirectement de cette filière, qui compte plus d’une vingtaine de productions différentes et près de 600 exploitations.

Pilier de la transition écologique de Biovallée et accompagnée par les politiques publiques de l’intercommunalité, l’agriculture a su en 30 ans et malgré la diversité des filières et des systèmes existants, engager des innovations, anticiper et prendre des risques. Si aujourd’hui 25% de la SAU du territoire est en agriculture biologique cela signifie aussi que 75% sont encore en agriculture conventionnelle. Plusieurs enjeux en découlent pour le territoire : le risque de santé publique pour les populations et les agriculteurs, les dégâts sur les milieux et les ressources en eau, les impacts sur la biodiversité, la qualité de l’air… Par ailleurs les effets du changement climatique sont très présents et visibles sur le territoire et imposent à ces systèmes des adaptations pour devenir plus résistants et moins émetteurs de pressions sur le climat et les milieux.

Territoire

29 communes ● 30 000 habitants ● Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse (AERMC) ● Région Auvergne-Rhône-Alpes (26) ● Département de la Drôme ● Superficie : 60 000 ha

Productions diversifiée (ovin ● caprin ● grandes cultures ● volaille ● arboriculture ● viticulture ● maraîchage ● plantes aromatiques et médicinales ● semences)

20285,22 ha de SAU (+1% par rapport  à 2010) dont 4885,16 ha de SAU en bio (hors conversion), soit 25% de la SAU en bio ● 500 exploitations (-10% par rapport à 2010)● 854 emplois dans l’agriculture soit 8,25% de l’emploi total

Enjeu biodiversité

36% de la surface du territoire en réservoir de biodiversité ● à l’est : maintien et le développement de l’agriculture extensive et biologique ● à l’ouest : espaces en monoculture peu attractifs pour les faunes et les habitats dépourvus d’éléments naturels (haies, mares, fossés, ripisylve…).

Enjeu gaz à effet de serre

21% des émissions de GES du territoire sont dus à l’agriculture (49 kteqCO2 / an hors GES liées à la production de produits phytosanitaire) ● dont 45% lié à  l’élevage et 55% lié aux cultures (protoxyde d’azote induit par la fertilisation des cultures) ● potentiel de séquestration carbone grâce à l’agriculture de 24 k teqCO2 /an (agroforesterie, pastoralisme, haies…)

Enjeu climatique

En moyenne +1.9°C en 50 ans (+2°C  en période printanière et +2.6°C en période estivale) ● déficits hydriques de plus en plus important ● aléas extrêmes en augmentation ● toutes les productions et mode de production impactées et menacées

La stratégie agricole et alimentaire

Le SAGE, point de départ d’une stratégie territoriale

La prise en compte de la rivière Drôme dans les politiques publiques date de 1990 (signature du premier contrat de rivière). Premier Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de France, son périmètre est arrêté en 1993 et approuvé par le préfet en 1997. Un deuxième Contrat de rivière est mis en place en 1999. En 2007, le Syndicat Mixte de la Rivière Drôme devient la structure porteuse du projet et depuis 2008, le SAGE est en révision. Au départ, la gestion de la rivière portait sur l’entretien des berges et l’assainissement des eaux, puis s’est élargie à l’intégralité de ses fonctions : écologique, économique, sociale, etc. Le premier SAGE et les deux Contrats de rivière mis en place sur le bassin de la Drôme ont permis d’avancer sur l’aspect qualitatif de la ressource en eau. La qualité globale des eaux de surface est maintenant bonne à très bonne sur quasiment tout le linéaire.

L’agriculture biologique au cœur du projet Biovallée

Depuis une vingtaine d’années, les élus ont souhaité développer l’agriculture en particulier l’agriculture biologique pour répondre à plusieurs enjeux de territoire. Dans le cadre du grand projet Biovallée ont été fixés les objectifs suivants :

  • 50% de surface en agriculture biologique,
  • 80% de produits bio et locaux en restauration hors domicile,
  • 50% d’intrants chimiques en moins.
La transition agro-écologique et de nouveaux défis pour la CCVD

Les actions agricoles menées depuis plus de 30 ans par la CCVD œuvrent sur : la gestion de l’espace et du foncier agricole/naturel/forestier, le développement de pratiques agricoles biologiques et agro-environnementales, l’accompagnement de projets collectifs sur la transformation et valorisation en circuits courts, le développement de l’approvisionnement local des cantines, participation à des programmes de recherche et d’innovation sur les pratiques agricoles et sur l’alimentation…etc.

  • En 2018, en plus des actions habituelles, la CCVD lance son Plan Climat Air énergie territorial (PCAET), réalise le bilan à mi-parcours du PAEC et participe à une étude sur les effets du changement climatique (LECA). Les conclusions de ces travaux démontrent que face aux enjeux et malgré les ambitions portées par le territoire, les questions énergétiques, environnementales, sanitaires et climatiques n’ont aujourd’hui que trop peu pénétré les pratiques des producteurs – qu’ils soient en bio ou en conventionnel – et que les aides financières à l’hectare ne sont pas suffisantes si elles ne sont pas accompagnées d’autres leviers.

Fin 2019, la CCVD réaffirme sa stratégie : redoubler d’efforts pour améliorer les systèmes de production et alimentaires et aider l’agriculture à s’adapter face aux effets du changement climatique.  Elle vise les objectifs suivants :

  • La conversion d’au moins 50% des exploitants conventionnels en agriculture biologique d’ici 2030
  • L’atteinte de 50% de la Surface Agricole Utile en agriculture biologique d’ici 2030
  • La réduction de 50 % de l’utilisation de pesticides d’engrais en agriculture conventionnelle d’ici 2030
  • Des volumes de production garantis avec des économies d’eau utilisée en été
  • La réduction par deux de l’empreinte climatique de notre agriculture ;
  • Devenir un territoire pilote et leader sur la recherche dans les nouvelles pratiques agricoles et alimentaires
  • Le maintien de la biodiversité exceptionnelle et commune du territoire, notamment celles des milieux agricoles
  • Des groupes d’agriculteurs chercheurs référents pour différentes productions
  • L’implication de nouvelles filières dans ses engagements de transitions agro-écologiques
  • Une synergie entre les différents organismes de recherche, de développement, les collectivités, les entreprises du territoire, les habitants et consommateurs.

 

Gouvernance

La CCVD pilote l’animation d’une commission agricole et alimentaire à l’échelle de la vallée de la Drôme. Cette commission garantit la stratégie et la cohérence globale, coordonne et émet un avis sur les projets portés par la CCVD et les partenaires. Elle réunit des acteurs variés:

Monde agricole

Collectivités

Experts et organismes publics techniques ou de recherche

Population et association

AgribioDrôme
Syndicats
Associations locales
CIVAM
Chambre d’Agriculture
Coopératives et entreprisesLa SAFERADEMADEAR

Les 2 communautés de communes de la Vallée

Région Auvergne  Rhône-Alpes
Département de la Drôme
Syndicat mixte de la rivière Drôme

Parc naturel Régional du Vercors

Organismes de recherche
CFPPA
Direction Départementales des Territoires
AERMCONFCRPFGRABFiBLAnimateurs de site Natura 2000

Association Biovallée

Associations locales
Habitants
Commissions locales de développement

Comité de randonnée

LPO

Le réseau des Offices du tourisme

Les AMAP

…etc

Éléments financiers

Plusieurs programmes financiers permettent d’accompagner les projets et la stratégie de la collectivité:

  • Programme Agro-environnemental et Climatique (FEADER/AERMC/ETAT)
  • Plan Pastoral Territorial (Région AURA/FEADER/CD26)
  • Territoire d’innovations (Etat) : une fiche sur l’agroécologie et une fiche sur l’alimentation
  • Système alimentaire innovant (Fondation Carrasso)
  • LEADER (FEADER)
  • TRANSAAT (Fondation de France / FEADER)
  • Natura 2000 (FEADER/ETAT)
  • Moving (UE) : politiques rurales modernes axées sur une vision à long terme engageant la société et les acteurs des systèmes locaux et renforçant les capacités de résilience des zones de montagne…

 

Les projets structurants portés par la CCVD

  • Achat d’une ferme pour installer des agriculteurs Bio (la ferme des Praves à Eurre) et lutter contre l’agrandissement
  • Accompagner les productions agricoles du territoire dans des stratégies d’adaptation au changement climatique et déploiement d’un programme d’actions
  • Création d’une cuisine centrale intercommunale et intergénérationnelle : 80% de bio et locale
  • Programme de recherche-action : quels freins et leviers au changement de pratiques agricoles et alimentaires ?
  • Animation foncière et pastorale en vue de reconquérir des sous-bois : lutte contre les incendies et ressources fourragères supplémentaires
  • Appui à des programmes de recherches-actions divers
  • L’animation et de développement de la plateforme AGRILIENS : réseau d’échanges sur l’innovation en agriculture dans la vallée. https://agriliens.fr/
  • Le déploiement d’un projet de prospective agricole et alimentaire en biovallée 2050
Facteurs de réussite
  • Projet de long terme
  • Actions multiples et transversales
  • Volontés politiques et locales de développement du territoire
  • Implication des acteurs de l’aval (acteurs économiques)
  • Grosse équipe d’ingénierie (4 chargés de mission sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement)

 

Difficultés rencontrées

  • Difficultés à mettre en place des groupes techniques mixtes entre agricultures bio et conventionnels
  • Cloisonnement des secteurs amont et aval

 

Perspectives

  • Un programme de gestion intégrée de l’eau en agriculture
  • Un territoire labélisé « démonstrateurs territoriaux »

 

C’est à refaire

  • S’inscrire sur le long terme
  • Se concentrer sur les secteurs et les périmètres d’action sur lesquels il y a : du chemin à parcourir, un effet levier, une légitimité reconnue de la collectivité
  • Aller à la rencontre des acteurs de l’aval et s’assurer qu’il porte véritablement des objectifs ambitieux allant dans le même sens que ceux de la collectivité
  • Transversalité : ne pas se limiter à une action ou un secteur
  • Evaluer

Contacts

Elise Chevalier ● chargée de mission ● Communauté de Communes du Val de Drôme ● 04 75 25 64 32 ● echevalier[at]val-de-drome.com

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