Eau de Paris – AAC des sources de la vallée de la Vanne

 

EAU DE PARIS

Aire d’alimentation des sources de la vallée de la Vanne et du ru de saint-ange

Les sources de la vallée de la Vanne et du ru de Saint-Ange font partie d’un ensemble de trois ressources en eau pilotes autour desquelles Eau de Paris, la régie municipale de la Ville de Paris, a développé des actions de protection de l’eau auprès de l’ensemble des acteurs du territoire, et plus particulièrement des agriculteurs. Sur l’aire d’alimentation de ces sources, le projet développé sur le volet agricole par Eau de Paris à partir de 2008 a été concentré spécifiquement sur le développement de l’agriculture biologique et non sur l’amélioration des systèmes conventionnels. Il s’agissait d’expérimenter sur ce territoire pilote de nouvelles modalités d’intervention plus ambitieuses, complémentaires à ce qu’Eau de Paris travaillait déjà sur les autres aires d’alimentation de ses sources (Lunain, Voulzie et Vigne). Ce choix délibéré en fait une action de protection de la ressource en eau unique en France, intégrée depuis 2010 au sein du réseau de sites pilotes Eau&Bio de la FNAB

Territoire

  • Superficie : 46 003 ha
  • 36 communes et 2 régions, Bourgogne-Franche-Comté (89) et Champagne-Ardenne (10) sont concernées
  • 13 sources gérées par la régie municipale Eau de Paris, dont certaines alimentent également des communes du territoire (Saint-Benoist-sur-Vanne (10) et Sens (89)). D’autres captages gérés par des syndicats d’eau locaux sont situés sur l’aire d’alimentation et bénéficient ainsi des actions engagées par Eau de Paris pour la protection globale des ressources de ce territoire : les captages du Syndicat Mixte d’Alimentation en Eau Potable de Sens Nord-Est / Sources des Salles ainsi que les captages de la Sénone, la régie de la Communauté d’Agglomération du Grand Sénonais (CAGS).
  • Territoire situé dans le champ d’action de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN)
 

Productions dominantes : grandes cultures

Surface agricole utile (SAU) : 24 283 ha dont environ 4 000 ha de SAU bio (pour 39 agriculteurs bio) en 2019, soit environ 16,5% de la SAU en bio

 

Actions mises en œuvre

Dans la vallée de la Vanne, à la jonction de l’Yonne et de l’Aube, la couche géologique de la craie constitue un réservoir d’eau souterraine stratégique qui alimente Paris en eau potable à hauteur de 15 à 20 % de ses besoins, via un ensemble de sources situées en fond de vallée. Ces sources alimentent également pour partie les communes de Sens (89) et de Saint-Benoist-sur-Vanne (10).

L’animation générale de la démarche de protection de la ressource est assurée depuis septembre 2017 par un poste en interne à temps plein chez Eau de Paris, créé spécifiquement dans cet objectif. Elle était précédemment mise en œuvre par la coordinatrice des démarches de protection de l’ensemble des AAC d’Eau de Paris pendant une dizaine d’année. 

Un partenariat a également été mis en place avec BioBourgogne (anciennement SEDARB) dès 2008 pour renforcer l’animation agricole bio sur ce secteur (études conversion, accompagnements techniques individuels et collectifs, acquisitions de références locales, conduites d’essais, accompagnement filières AB, etc.) Cette animation a été complétée en 2010 sur la partie auboise du territoire par la Chambre d’agriculture de l’Aube. En 2019, elle représentait l’équivalent d’environ 1,75 postes à temps plein.

Ces postes d’animation générale et agricole sont portés par Eau de Paris, avec l’appui financier de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.

Si les moyens humains et financiers d’Eau de Paris ne sont pas représentatifs de ceux dont dispose la majorité des collectivités, la décision d’orienter le projet uniquement autour de l’agriculture biologique n’est pas une question de moyens : c’est avant tout un choix technique appuyé par une vraie volonté politique. Il s’agit en effet de se concentrer sur un nombre restreint d’agriculteurs évoluant vers des pratiques exigeantes, plutôt que de se tourner vers l’ensemble des agriculteurs pour obtenir de plus faibles changements. Cette démarche capitalise sur la force de l’exemple de ces « pionniers » et de leur capacité à inspirer progressivement un basculement plus large des agriculteurs vers des pratiques favorables à la qualité de l’eau et à la protection de l’environnement.

Accompagnement des changements de pratiques agricoles

Un accompagnement technique, individuel et collectif, vers l’agriculture biologique est proposé à tous les agriculteurs qui souhaitent engager une conversion, qui l’ont déjà engagée ou qui sont encore en questionnement.

Sensibiliser les agriculteurs de l’AAC à l’agriculture biologique

Sont organisées :

  • Des réunions d’information présentant l’accompagnement technique et financier proposé aux agriculteurs qui se posent la question d’un passage en agriculture biologique.
  • Des démonstrations techniques (désherbage mécanique, gestion de la fertilité du sol, diversification des assolements, etc.).
  • Des rencontres individuelles au cours desquelles des diagnostics de conversion sont proposés, permettant d’engager une réflexion concrète sur la conversion à partir d’éléments technico-économiques de l’exploitation.
 
Accompagner techniquement les agriculteurs en conversion (grandes cultures, polyculture-élevage et maraîchage)

Sont réalisées :

  • La diffusion de fiches et bulletins techniques, l’organisation de groupes d’échanges techniques et de réunions d’information, la création d’une page Facebook accessible à tous les agriculteurs en AB, avec des observations de parcelles du territoire associées à des conseils.
  • Des expérimentations adaptées au contexte pédoclimatique chez des agriculteurs du territoire
  • Des analyses de sols et des formations sur les sols pour agir sur l’enjeu clé de connaissance et d’amélioration de la fertilité du sol.

Eau de Paris pilote, oriente et suit ces actions.

 

Un partenariat a également été mis en place avec BioBourgogne (anciennement SEDARB) dès 2008 pour renforcer l’animation agricole bio sur ce secteur (études conversion, accompagnements techniques individuels et collectifs, acquisitions de références locales, conduites d’essais, accompagnement filières AB, etc.) Cette animation a été complétée en 2010 sur la partie auboise du territoire par la Chambre d’agriculture de l’Aube. En 2019, elle représentait l’équivalent d’environ 1,75 postes à temps plein.

Ces postes d’animation générale et agricole sont portés par Eau de Paris, avec l’appui financier de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.

Si les moyens humains et financiers d’Eau de Paris ne sont pas représentatifs de ceux dont dispose la majorité des collectivités, la décision d’orienter le projet uniquement autour de l’agriculture biologique n’est pas une question de moyens : c’est avant tout un choix technique appuyé par une vraie volonté politique. Il s’agit en effet de se concentrer sur un nombre restreint d’agriculteurs évoluant vers des pratiques exigeantes, plutôt que de se tourner vers l’ensemble des agriculteurs pour obtenir de plus faibles changements. Cette démarche capitalise sur la force de l’exemple de ces « pionniers » et de leur capacité à inspirer progressivement un basculement plus large des agriculteurs vers des pratiques favorables à la qualité de l’eau et à la protection de l’environnement.

Développer l’agroforesterie

L’AAC étant marquée par une vulnérabilité importante au ruissellement, Eau de Paris a initié une réflexion autour du développement de l’agroforesterie. Les arbres et les haies permettent en effet de retenir les écoulements et d’épurer naturellement l’eau avant infiltration, ce qui complète efficacement l’action de développement de l’agriculture biologique, sans lui être préjudiciable. Ce travail se poursuit avec l’objectif de concrétiser plusieurs projets en agroforesterie sur cette AAC.

Dispositifs d’aides financières

Passés

En 2010, Eau de Paris a proposé à titre expérimental une mesure agro-environnementale territorialisée « agriculture biologique » d’un montant plus incitatif (450€/ha) que l’aide nationale, l’objectif étant de renforcer la dynamique de conversion sur ce bassin.

En 2015, le Ministère de l’Agriculture a décidé de supprimer cette aide, et même d’interrompre les contrats en cours.

De nouvelles modalités financières moins incitatives ont pris le relais (aide nationale à 300€/ha pour les grandes cultures), avec des modalités de transition favorables obtenues cependant (réengagement pendant 5 ans).

En cours

Dans le cadre des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), Eau de Paris a proposé dès 2015 la contractualisation d’une mesure Phyto_03 (interdiction d’utilisation de pesticides) à 2 agriculteurs bio de l’Aube arrivés en fin d’aides nationales.

Dans l’objectif de pallier l’insuffisante efficacité des MAEC et de soutenir de manière encore plus appuyée le développement des pratiques agricoles favorables à la qualité de l’eau, Eau de Paris a élaboré en 2019 un projet de nouveau régimes d’aides aux agriculteurs sur ses AAC. Ce dispositif, notifié à la Commission européenne, sera déployé dès 2020 sur l’AAC de la vallée de la Vanne et du ru de Saint-Ange, sous réserve d’acceptation par les services de la Commission. Comme précédemment sur ce territoire pilote, il sera ciblé exclusivement sur l’agriculture biologique.

Si les moyens humains et financiers d’Eau de Paris ne sont pas représentatifs de ceux dont dispose la majorité des collectivités, la décision d’orienter le projet uniquement autour de l’agriculture biologique n’est pas une question de moyens : c’est avant tout un choix technique appuyé par une vraie volonté politique. Il s’agit en effet de se concentrer sur un nombre restreint d’agriculteurs évoluant vers des pratiques exigeantes, plutôt que de se tourner vers l’ensemble des agriculteurs pour obtenir de plus faibles changements. Cette démarche capitalise sur la force de l’exemple de ces « pionniers » et de leur capacité à inspirer progressivement un basculement plus large des agriculteurs vers des pratiques favorables à la qualité de l’eau et à la protection de l’environnement.

Structuration des débouchés

Eau de Paris propose un appui au développement des filières locales afin de garantir des débouchés aux productions bio de l’aire d’alimentation des sources et ainsi pérenniser les systèmes agricoles vertueux.

Développement des filières locales en agriculture biologique

En 2011, Eau de Paris a apporté un soutien financier à la création d’une station de semences bio à Maisse (Essonne) par Union Bio Semences, coopérative agricole spécifiquement dédiée au bio.

Cet appui financier direct à la structuration de la filière a été conditionné à l’embauche par Union Bio Semences de deux animateurs bio intervenant sur les AAC gérées par Eau de Paris ((Lunain, Voulzie et Vigne), ainsi que sur l’ensemble des AAC du bassin Seine-Normandie de manière générale. L’intérêt de cette animation est de pouvoir apporter une vision globale de la filière et des débouchés économiques, indispensable pour accompagner des producteurs vers une conversion en AB.

Au-delà de la structuration de débouchés pour les grandes cultures, le travail conduit a également permis l’implantation d’une filière luzerne, essentielle pour valoriser ce produit essentiel dans la rotation en agriculture biologique. Dans un contexte local pauvre en élevage, qui en est le premier consommateur, ce débouché reste néanmoins compliqué à pérenniser efficacement.

Structuration de groupements de producteurs locaux et création de circuits courts avec la restauration collective parisienne

Eau de Paris accompagne les démarches collectives visant à structurer des débouchés durables. Dès 2015, elle a apporté un soutien à la création du groupement d’intérêt environnemental et économique (GIEE) Agribio Vanne et Othe, associant une grande partie des producteurs bio de l’AAC. Ce collectif a permis à la régie d’appuyer efficacement en 2017 la création de projets de filières avec la réalisation d’une étude de marché, la création d’une filière chanvre, et enfin la mise en relation du GIEE avec la mairie du 11e arrondissement de Paris pour la livraison de lentilles bios aux cantines du quartier.

Dans le cadre de son action de protection de la ressource, Eau de Paris a souhaité rapidement mettre en place un groupe de travail dans le cadre du Plan Alimentation Durable de la Ville de Paris, afin de favoriser les liens entre la production issue des AAC et la restauration collective. L’objectif du Plan Alimentation Durable de Paris est en effet d’atteindre 50% d’alimentation durable en 2020 (certifications AB, Label Rouge, Marine Stewardship Council, etc.) sur l’ensemble de la restauration collective (écoles, crèches, collèges, social, personnel). Ce projet s’intègre donc dans l’ambition de faire du Plan Alimentation Durable un atout pour les producteurs des AAC.

En 2018, la création de la marque Terre du Pays d’Othe donne plus de poids aux productions du collectif qui peuvent s’organiser au mieux pour approvisionner les cantines parisiennes de manière plus étendue. De nouveaux investissements sont réalisés et une commerciale est recrutée pour développer l’essor de la marque. En 2019, cette démarche a permis de développer de nouveaux débouchés locaux, de répondre à un appel d’offre plus global de la caisse des écoles du 11e arrondissement pour la livraison de lentilles, pâtes, huiles, et de démarcher d’autres collectivités en local et à Paris. Dans cette démarche, bien que le collectif soit autonome, Eau de Paris fournit un appui administratif et technique à chaque étape du projet.

Action foncière

Eau de Paris mène depuis 1995 une politique amiable d’achat de terres sur les zones les plus stratégiques pour la protection de la ressource, appuyée par une convention avec la Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural (SAFER) de Bourgogne. Les parcelles acquises conservent l’usage agricole : elles font l’objet de baux ruraux environnementaux avec des agriculteurs, assortis de clauses adaptées aux enjeux de protection de l’eau, en contrepartie d’un loyer symbolique. Les parcelles les plus vulnérables (effondrements, zones d’infiltration préférentielles, bordure du périmètre de protection immédiate) sont maintenues exclusivement en herbe. Les autres îlots parcellaires acquis, qui peuvent être situés sur l’ensemble de l’aire d’alimentation des captages visent les conversions ou les installations en agriculture biologique.

Actuellement 11 exploitants sont en bail sur 191 ha. Certains baux ruraux environnementaux sont signés avec des jeunes agriculteurs et permettent ainsi de conforter leur installation en agriculture biologique.

Évaluation et expérimentation

L’engagement des agriculteurs dans le mode de production de l’agriculture biologique peut être rapproché des résultats des suivis de la qualité de l’eau : les bilans avant 2008 montrent des pics de plus grande amplitude et une détection plus fréquente de molécules phytosanitaires dans l’eau par rapport à la période de développement des contractualisation AB post‐2008, malgré des programmes de suivis plus précis (nombre plus important de molécules recherchées, fréquence de prélèvement tous les 15 jours pour certaines sources). Ce résultat doit être maintenu et confirmé sur les années à venir.

Deux exploitations situées sur l’AAC ont participé par ailleurs au réseau de suivi par bougies poreuses de lessivage des nitrates sous parcelles en agriculture biologique et conventionnelle dans le cadre d’une thèse pilotée par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et l’Université Pierre et Marie Curie. Les bougies poreuses, implantées dans les parcelles agricoles, permettent de prélever l’eau s’infiltrant sous les parcelles. Il est alors possible de mesurer la concentration en nitrates de l’eau qui s’infiltre sous les cultures. Les premiers résultats montrent que globalement les systèmes en agriculture biologique ont des fuites de nitrates moindres que les systèmes en agriculture conventionnelle (différence de 30% environ), confortant le double intérêt (pesticides et nitrates) de ce système pour protéger la ressource en eau. Ce suivi sous bougies poreuses a été réalisé sur plusieurs années afin de consolider les résultats obtenus.

Actions non agricoles

Sensibilisation du grand public à la protection de la ressource

L’animation est aussi étendue aux écoliers, aux particuliers, aux collectivités et aux acteurs économiques via des sensibilisations sur les démarches de protection de la ressource en eau menées sur le territoire.

Préservation de la biodiversité

Eau de Paris gère un vaste patrimoine (près de 1 300 ha d’espaces naturels, 470 km d’aqueducs), constitué de milieux naturels et semi-naturels variés et gérés de manière écologique (aucun pesticide, fauche différenciée, diversification des habitats, conservation, libre-évolution, etc.). En offrant des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques, ces espaces jouent un rôle de trame verte et bleue transrégionale, en zone urbaine comme en zone agricole.

Eau de Paris a pris conscience de la valeur écologique de ces espaces en y découvrant l’existence d’espèces floristiques et faunistiques rares à l’occasion d’inventaires naturalistes réalisés par des partenaires scientifiques et associatifs (sur le territoire de la vallée de la Vanne et du ru de Saint-Ange, il s’agit du Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne.) A la suite de ces études, Eau de Paris a fait évoluer ses pratiques d’entretien en développant des plans de gestion écologique adaptés aux enjeux des espèces et habitats naturels identifiés.

Dans la continuité de ces actions, Eau de Paris a mis en place depuis 2013 une stratégie biodiversité afin d’intégrer la prise en compte de la biodiversité dans l’ensemble de ses activités.

Gouvernance

Eau de Paris définit et pilote les actions de protection de la ressource en eau sur l’AAC en tant que gestionnaire de captage responsable de la protection de l’eau destinée à l’alimentation en eau potable. Elle coordonne l’ensemble des actions qui s’y rapportent. Cette implication forte est assurée par le Service Protection de la Ressource et Biodiversité d’Eau de Paris, et s’appuie également sur des échanges avec les autres syndicats d’eau ou régies situés sur le même secteur.

La mise en œuvre des actions de développement de l’agriculture biologique sur cet AAC est assurée, en complément de l’animation d’Eau de Paris, par des animateurs de Bio Bourgogne (1 temps plein + 1 mi-temps en 2019) sur la partie Yonne et la Chambre d’agriculture de l’Aube (0,12 temps plein) sur la partie Aube du territoire.

Le suivi et l’orientation des actions sont discutés au sein de comités de suivi rassemblant 2 fois par an Eau de Paris et l’AESN, financeurs des actions, ainsi que BIO BOURGOGNE et la Chambre d’Agriculture de l’Aube.

La démarche de protection des captages Grenelle est suivie par un comité de pilotage plus large rassemblant les membres des comités de suivi cités ci-dessus, les services de l’Etat (Direction Départementale des Territoires -DDT Aube et Yonne, Agence Régionale de Santé – ARS Aube et Yonne) et des acteurs locaux.

Membres des comités (Grenelle, comités de suivis)

Acteurs agricoles Collectivités Experts et organismes publics Population et associations

GIEE Agribio Vanne et Othe

Bio Bourgogne

Chambre d’Agriculture de l’Aube

Opérateurs économiques (coopératives/négoces)

Eau de Paris

SMAEP Sens Nord-Est/Sources des Salles

Syndicat Mixte intercommunal d’assainissement et d’irrigation de la vallée de la Vanne

Communauté de commune Vanne et pays d’Othe (89)

Communauté de commune du Pays d’Othe (10)

AESN

DDT de l’Yonne et de l’Aube

ARS de l’Yonne et de l’Aube

CG89

Yonne Nature Environnement

Éléments financiers

  • Le temps d’implication du Service Protection de la Ressource et Biodiversité dans le pilotage, le suivi et l’orientation des actions est financé à la fois sur fonds propre et via des subventions de l’agence de l’eau couvrant une partie des dépenses liées aux postes d’animateurs (chargés de mission agriculture & territoires d’Eau de Paris.) Il représente environ 7 ETP dont 4 animateurs.
  • Eau de Paris finance des conventions de partenariat avec BIO BOURGOGNE (1,5 ETP) et la Chambre d’Agriculture de l’Aube (0,12 ETP), avec le soutien financier de l’AESN.
  • Eau de Paris finance également les acquisitions foncières, auxquelles l’AESN participe.
  • Les mesures d’aides à la conversion à l’agriculture biologique (MAEC) sont financées à 45% par l’AESN, 55% par le FEADER. En 2020, le nouveau régime d’aide qui sera mis en place par Eau de Paris (sous réserve de validation par la Commission européenne) sera financé à 80% par l’AESN et à 20% sur fonds propres.
  • L’investissement pour la station de semences bio et stockage de grandes cultures a été financé à hauteur de 40% (20% par Eau de Paris, 20% par l’AESN soit 373 400€ chacune)

Résultats

  • Passage de 1,2% à environ 16,5% de la SAU en bio entre 2008 et 2019 sur l’AAC
  • 191 hectares acquis et mis à disposition en Baux Ruraux Environnementaux Herbe ou AB
  • Développement de filières bio durables, structuration de groupements de producteurs et partenariats pour la mise en place de circuits courts (cantines parisiennes par exemple)
  • Premiers résultats visibles sur la qualité de l’eau (notamment réduction des pics de pesticides), à confirmer sur le long-terme.
  • Implication de nombreux partenaires sur l’aire d’alimentation des captages, notamment partenariat efficace et sur la durée (depuis 2008) avec Bio Bourgogne
  • Poursuite et renforcement de l’objectif de développer en priorité et spécifiquement l’agriculture biologique

Facteurs de réussite

  • Implication forte de la régie dans la mise en œuvre d’actions pour la protection des captages, par le biais de moyens humains et financiers à la hauteur de l’enjeu (avec le soutien de l’AESN), et portage politique fort et ambitieux
  • Spécificité du projet autour de l’agriculture biologique : l’action de développement de l’agriculture biologique est présentée comme une action pilote innovante, et non concurrencée par d’autres actions sur le changement de pratiques (agriculture intégrée notamment)
  • Animation dédiée à l’agriculture biologique sur un temps long (depuis 2008)
  • Accompagnement technique pour garantir la durabilité des changements mis en œuvre
  • Développement de partenariats efficaces avec les acteurs du territoire et notamment des structures techniques (animation, conseil agricole)
  • Dynamique de groupe et effet d’entrainement : la conversion de certains agriculteurs incite les agriculteurs voisins à s’interroger et à s’engager également

Difficultés rencontrées

  • Territoire de grandes cultures où les freins psychologiques sont forts et où la cohérence des systèmes biologiques est plus difficile à promouvoir
  • AAC étendue et vulnérabilité dispersée sur toute l’aire d’alimentation des captages

Perspectives

  • Poursuivre et renforcer l’appui technique et les partenariats locaux
  • Développer de nouvelles aides plus incitatives et plus efficaces pour l’eau
  • Consolider les filières à long terme et les circuits courts
  • Soutenir et développer l’élevage extensif en bio
  • Poursuivre les acquisitions foncières pour appuyer le développement de l’agriculture biologique et protéger les zones les plus vulnérables
  • Développer des projets d’agroforesterie efficaces pour la protection de l’eau chez les agriculteurs
  • Valoriser l’impact positif des actions de protection de la ressource en eau sur la biodiversité, la trame verte et bleue et le climat

C’est à refaire

  • Porter un message clair et fort sur l’enjeu de protection de la ressource en eau par les collectivités, et rechercher une dynamique de territoire autour de cet enjeu en ne sacrifiant pas l’ambition des actions au profit de la recherche d’un consensus de l’ensemble des acteurs (acceptable dès lors que la démarche reste volontaire et explicitée)
  • Rechercher l’efficacité et la durabilité du changement. Pour cela, prendre le temps, lorsque les enjeux sur la ressource le permettent, d’encourager des systèmes agricoles efficaces, adaptés et acceptés plutôt que d’élaborer des actions de réduction des intrants en agriculture dont l’efficacité et la durabilité (retour en arrière facile) ne sont pas assurées
  • Favoriser la démonstration des actions de protection de la ressource qui fonctionnent et les échanges d’expérience

Contacts

Manon ZAKEOSSIAN • Responsable du service Protection de la Ressource et Biodiversité • Eau de Paris • manon.zakeossian[at]eaudeparis.fr

Marion PAVY • Responsable pôle agriculture et territoire – Service Protection de la Ressource et biodiversité • Eau de Paris • marion.pavy[at]eaudeparis.fr

Hugo GIFFARD •Chargé de missions agriculture et territoire – Aire d’alimentation des sources de la vallée de la vanne et du ru de Saint Ange. hugo.giffard[at]eaudeparis.fr

Ceci peut aussi vous intéresser

Restez informé !

La newsletter mensuelle “Territoires bio” rassemble chaque mois de nouvelles actualités, outils et retours d’expériences de collectivités locales engagées.

Veuillez renseigner votre adresse e-mail pour vous abonner à la newsletter.

Inscrivez-vous a notre newsletter !